9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 08:43

 
Le Loup gris (quelques données)
Nom : Canis lupus
Famille : Canidés
Ordre : Canidés
Classe : Mammifères
Identification : Ressemble au berger allemand. Coup épais, face large et concave, museau fin, oreilles pointues, queue ébouriffée. Pelage de couleur variable. Mue au printemps.
Taille : De 100 à 150 cm de long (femelle plus petite que le mâle). De 60 à 95 cm au garrot. Queue de 30 à 50 cm.
Poids : De 18 à 70 kg
Répartition actuelle : Nord de l’Amérique du Nord, Asie, Moyen-Orient, quelques populations résiduelles en Europe
Habitat : Très varié. Paysages ouverts, forêts à dominance d’arbres à feuilles caduques, banquise
Régime alimentaire : Carnivore. Apports ponctuels de fruits et insectes
Structure sociale : Groupe social de type « couple monogame durable »
Maturité sexuelle : Mâle : 3 ans. Femelle : 2 ans
Saison de reproduction : Début de l’hiver en Amérique du Nord, février-mars en Espagne, mars en Italie, avril dans l’Arctique
Durée de gestation : de 61 à 63 jours, une fois par an
Nombre de jeunes par potée : De 3 à 8 (5 en moyenne)
Poids à la naissance : De 300 à 500 g
Espérance de vie : De 8 à 16 ans (jusqu’à 20 ans en captivité)
Effectifs, tendance : De 90 000 à 100 000 loups sauvages en 1984. En baisse ou même en danger de disparition dans plusieurs pays
Statut, protection : Porte la mention « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources
Remarque : Record de 400 km détenu par un « grand vieux loup » traqué par le Grand Dauphin, de la forêt de Fontainebleau aux portes de Rennes
 
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Autres données : Sa cage thoracique est étroite, mais une ventilation accélérée facilité le trot. Agile et rapide, le loup, grâce à sa conformation et sa constitution, est davantage capable d’efforts d’endurance que de brèves mais brillantes performances. Coureur infatigable, il peut parcourir 100 km en une nuit, en quête de proies. Cependant, sa vitesse de pointe ne dépasse guère 64 km/h sur quelques centaines de mètres. Encore faut-il que cela en vaille la peine !
 
Le loup possède une ouïe et un odorat très sensibles, qu’il utilise couramment quand il chasse.  Sa vision saisit mieux les sujets en mouvement que les formes immobiliers; elle le conduit parfois à prendre l’homme pour une proie, jusqu’au moment où l’animal reconnaît l’odeur humaine et s’enfuit, très effrayé (selon le naturaliste A.W.A. Banfield).
 
Lors de l’accouplement, les loups restent, comme les chies, prisonniers l’un de l’autre pendant 15 à 30 minutes. Cette fécondation forcée est due à une morphologie particulière des organes génitaux du mâle et de la femelle, et compense une certaine lenteur des processus physiologiques. Elle évite que des unions trop brèves soient stériles.
 
Cris et hurlements : Le hurlement dure de ½ à 11 secondes avec une fréquence de 150 à 780 cycles/s. L’analyse graphique de ce cri (sonogramme) fait apparaître plus de douze harmoniques tonalités différentes). Le hurlement est le plus fort et le plus caractéristique des cinq émissions sonores du loup (plainte, grondement, aboiement, jappement aigu, hurlement). Il peut être détecté par l’oreille humaine à 8 km de distance, mais on pense que les loups l’entendent de plus loin. Les loups hurlent seuls ou en groupe, assis, couchés ou debout, à tout âge et toute l’année.
 
Les loups chassent le nez au vent
 
Un loup chasse quand il a faim, seul ou en meute, selon la saison et la taille de sa proie.
 
Durant l'hiver, les loups se nourrissent d'ongulés souvent plus grands qu'eux: original (élan), renne (caribou), chevreuil, etc., qu'ils attaquent en meute. Ils ne chassent pas comme les chiens truffe collée au sol, mais les oreilles dressées et le nez au vent, attentifs aux effluves et aux bruits qu’une brise peut leur apporter. Grâce aux travaux de D. Mech, dans l’Isle Royale, au Canada, on sait qu’un loup perçoit l’odeur d’un original à 300 m environ. Il s’immobilise alors, truffe pointée dans la direction de la proie. À ce signe, tous les autres lèvent la tête pour analyser l’odeur. Chacun, alors, remue la queue et fait des bonds. Puis, gardant le silence malgré leur excitation, ils s’approchent le plus possible, contre le vente.
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À chaque proie sa technique
 
Selon l’adversaire et l’endroit où ils donnent l’assaut, les loups attaquent différemment. Ils ne gaspillent jamais leur énergie à poursuivre longtemps une proie qui s’enfuit. Ils repèrent vite les animaux jeunes, âgés, blessés ou malades, ils les encerclent et les attaquent.
 
Orignal ou cerf acculés sont capables de fracasser le crâne de leurs assaillants, un bison d’en encorner plusieurs. Les bœufs musqués se défendent collectivement, en formant un cercle, épaule contre épaule et cornes basses. Devant une résistance opiniâtre, la meute préfère rompre l’engagement et partir en quête d’un adversaire moins coriace – ce qui est très fréquent.
 
La proie est rarement mise à mort du premier coup. Les loups cherchent à mordre les pattes, l’épaule, les flancs ou la croupe. Il faut parfois plusieurs assauts et de nombreuses poursuites pour faire tomber la proie. Un loup se pend à son mufle pour la paralyser pendant que d’autres s’accroche à sa croupe. Étourdie par ses assaillants, attaquée de toutes parts, elle finit par succomber.
 
La majeure partie de l’animal tué est dévorée sur place – loup mange de 9 à 10 kg de chair par repas. Lors de la curée, le mâle dominant écarte ses subalternes avec autorité. Il tolère que sa compagne le rejoigne, puis, repu, il laisse les restes aux autres loups. Dans la mêlée, chacun s’efforce de prélever sa part.
 
Il arrive que les loups soient rassasiés avant d’avoir tout dévoré. Ils enterrent alors les restes à l’abri des mouches, des corbeaux et des pies. Ces réserves de viande font la joie des renards et autres petits carnivores.
 
Chasse en solitaire
 
Durant l’été, les loups se nourrissent pour moitié d’ongulés (daim ou chevreuil) et pour moitié de divers petits animaux – rongeurs, marmottes, castors, lapins. Un individu seul peut tuer une proie isolée. Quand il l’a repérée, il se met à l’affût et s’élance pour la saisir à la gorge et n’en faire qu’une bouchée.
 
Pour attirer des canards, F. Mowat a vu un loup se livrer à une danse frénétique avec force bonds au bord d’une mare. Dès qu’ils furent à sa portée, le loup se précipita en profitant de la lourdeur de leur envol.
 
Le loup n’hésite pas non plus à pêcher dans les eaux peu profondes ; il patauge le plus bruyamment possible en remontant le courant ; ou bien, allongé sur la rive, il fait tranquillement sauter les poissons (gobies) hors de l’eau, d’un coup de patte habile. 
LE LOUP

 

Autrefois, pour connaître le nombre des caribous et savoir si la chasse serait bonne, les Esquimaux d’Amérique écoutaient hurler les loups. En Europe, alors, ces mêmes hurlements étaient synonymes de danger inspiraient la peur. Le loup a aujourd’hui pratiquement disparu d’Europe. Il serait, selon les scientifiques, l’ancêtre le plus probable du chien domestique.
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Il y a 40 millions d’années, le premier ancêtre du loup et des félidés, Miacis, vivait en Amérique du Nord. Puis, il a 30 millions d’années, vint l’Hesperocyon; on a retrouvé jusqu’en Europe un grand nombre de fossiles de ce premier canidé qui ressemble un peu à une genette. tomarctus est un autre ancêtre des canidés remontant à 10 millions d’années. Il n’en reste que des crânes et des dents, mais les paléontologues pensent que ses pattes étaient proches de celles des loups, chiens et renards d’aujourd’hui, à quatre doigts serrés.
 
Avec Canis donnezani surgirent en Europe occidentale les tout premiers Canis, il y a environ 3 à 4 millions d’années. L’Homo habilis était déjà là quand les premiers véritables loups Canis lupus) apparurent, il y a 2 millions d’années. Par la suite, les énormes changements de climat ont dû provoquer l’exode des grands herbivores. Les loups se sont alors propagés en Eurasie, puis en Amérique du Nord, terre de leurs lointains ancêtres, en suivant la piste des troupeaux.
 
La communauté scientifique s’accorde pour voir dans le loup l’ancêtre le plus crédible du chien domestique. On sait actuellement qu’au mésolithique et au néolithique une certaine forme de chien (Canis) vivait auprès des hommes, car, lors de fouilles aux États-Unis et en Europe, on a exhumé des ossements datant de 9 000 à 14 000 ans.
 
De nombreuses études sur les croisements entre le loup et caniche, chacal ou coyote ont montré qu’une sélection bien conduite pouvait donner naissance à des races nouvelles. La domestications du chien a entraîné progressivement une modification de ses organes internes et de ses sens, qui ont perdu de leur finesse. Son cerveau s’est allégé (69% de moins lourd que celui du loup). Le chien n’en est pas moins intelligent, mais il est adapté à la vie domestique. S’il « retourne à la nature », il se rapproche du loup. Aujourd’hui, le loup vit surtout en Amérique du Nord et en Asie (Sibérie) : seuls, quelques centaines d’animaux courent encore dans les forêts d’Europe.
 
Systématiquement pourchassés depuis le Moyen Âge, le loup joue un rôle indispensable dans la nature. Il est donc urgent de renoncer à nos frayeurs ataviques et de vivre en harmonie avec les loups. m-lise
 

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